ALESIA A ALISE ?

ALESIA , ALISE ET LES SEQUANES

 

 

Le site d'Alésia se trouve-t-il réellement à Alise-Ste-Reine ?

 Ou en terre Séquane ? C'est-à-dire en Franche-Comté , comme le laissent entendre certains auteurs antiques ?

 

Enquête sur une polémique

 

 

 

Cela fait 150 ans que les manuels scolaires , à la suite des fouilles de Napoléon III , localisent la célèbre bataille à Alise-Ste-Reine en bourgogne .

 

Et 150 ans que la polémique n’en finit pas de rebondir entre Alésia l’officielle et les Alésia officieuses qui fleurissent dans l’hexagone .

 

 

Nous connaissons essentiellement Alésia par le témoignage de Jules César qui après avoir livré cette grande et décisive bataille , nous en a fait un compte-rendu exceptionnel dont le sérieux n’est mis en doute par personne ( ou presque ... ) .

Ce témoignage c’est le De Bello Gallico ou Bellum Gallicum ( BG ) autrement dit «  La Guerre des Gaules « , or cet ouvrage d’une grande rigueur décrit un site qui ne ressemble que de loin à Alise Ste Reine …

 

 

UN POEME ...

 

L’histoire commence au 9e siècle ap JC ( vers 864/866 ) avec le moine Héric (°), ce dernier qui étudie à proximité d’Alise remarque non seulement les ruines Gallo-Romaines sur la colline mais aussi l’homonymie avec le nom Alésia , il a étudié le récit de César et ne tarde pas à faire le lien , il en fera un poème ; la légende est née !

 

(°) Le même , nous apprend que l'issue de la bataille fut fatale ... à César !!!

 

Te quoque, Caesareis fatalis Alesia castris


(°) Le même , nous apprend aussi que le nom d'Alésia vient du pain excellent qu'on y fabrique ...

 

Quae, quod alas proprios praepingui pane colonos

Nominis adjectu quondam signata putaris


Belle crédibilité ! Et pourtant ...

 

La localisation d’Alésia à Alise est issue de ce poème , après celui-ci le pays d'Alise antique ( pagus Alisiensis , in pago Alisiense au VIe siècle - cit. E.Nègre et J.Lacroix )  se transformera ponctuellement en pays d'Alésia ( pagus Alésiensis ) et tous les érudits siècles après siècles n’iront jamais chercher plus loin . Seul Napoléon III féru d’histoire et soucieux de rédiger un ouvrage de référence sur le sujet  fera fouiller sérieusement le site .

L'histoire mouvementée du site (°) laissait deviner la découverte de travaux et d'objets militaires , ce fut effectivement le cas .

 

(°) A l'époque gallo-romaine Alise va subir de nombreux sièges attestés ( voir plus loin )

 

Les preuves ne manqueront pas (  fortifications , fossés , armes , ossements ,monnaies par centaine ... ) , elles seront discutées mais les fouilles de ces dernières années viendront conforter les archéologues alisiens dans leurs certitudes ( Les matériaux recueillis sont pour partie liès à la fin de l'époque républicaine , soit approximativement de -60 à -20 av JC , voir sur le sujet l'annexe Alise = Fouilles partie 2 ) .

L'étude du rapport de fouilles 91/97 permet effectivement de corroborer en grande partie ces certitudes , mais paradoxalement certains points développés fragilisent une partie des conclusions .                                                                                                                                                           

 

De manière plus générale , rien n'indique que César ait effectué un recensement exhaustif de tous les sièges ayant eu lieu pendant la guerre des Gaules , Plutarque laisse entendre qu'ils pourraient s'élever à plusieurs centaines !

Concernant le siège d'Alise , celui-ci se situe donc entre l'entrée de César en Gaule et le début de l'empire , il s'agit d'une fourchette de datation raisonnée issue des fouilles , même si le " faisceau d'indices " semble plaider pour un épisode Césarien .

Toutefois la période concernée par le siège d’Alise peut être estimée à une trentaine d’année , pour pouvoir ramener cette période à un événement sur une année bien précise , il faut que le faisceau d’indice soit  quasi-irréprochable , or les éléments qui le composent sont trop fragiles et souvent contradictoires pour identifier de manière certaine le siège alisien avec Alésia .

 

Malgré tout , le problème serait donc résolu ?

 

Non ! Le problème n’est pas résolu , loin de là , et la polémique va renaître sans cesse …

 

Car non seulement le site ne colle pas avec le texte mais certaines "preuves" apparaissent bien légères ! 

 

ALISIIA ...

 

Lors des fouilles dans les ruines gallo-romaines d’Alise , on trouva l’inscription Alisiia

(  deuxième moitié du 1er siècle après JC ) , il n’en fallut pas plus pour que les défenseurs du site ne proclament partout qu’ils tenaient la preuve ultime .

 

 

 

Et pourtant là encore cette inscription pose un sérieux problème , car en effet on y lit Alisiia et non Alésia !

 

Vrai ... et faux ! Rétorquent en chœur certains défenseurs du site bourguignon ; faux , car cette évolution phonétique subie par les voyelles à travers les siècles est tout à fait normale ,d'ailleurs l’étude de la linguistique le prouve !

Et cette évolution a fini par donner … Alisiia !

 

Question : Quand cette transformation se serait-elle produite ?

 

Il est un fait qu’il existe un terme pré-celtique «  P-Alis «  qui a ensuite formé la racine celtique «  Alis «  ( roche , hauteur , falaise ) d’où procède par exemple le germanique «  Falis «  qui a donné l’allemand«  Fels «  ( falaise ) ; nous serions donc passé d’un lointain Alis à certains sites de hauteur nommés Alésia .

 

P-Alis a donc donné à un moment que nous ne connaissons pas ,  pendant la période proto-historique , Alésia .

Parmi ces Alésia qui furent sans doute nombreuses : l’Alésia des Mandubiens , celle assiégée par César ( Alésia Mandubiorum = Alésia des Mandubiens , peuple cité uniquement à l’occasion de la bataille d’Alésia ) .

Puis pendant le moyen-âge et jusqu’au XIXe siècle , les noms subirent de nombreuses mutations et il n’est arrivé jusqu’à nous aucune Alésia ayant gardé son nom intact .

.

Mais pour ce qui concerne Alise , est-il crédible que dans la courte période qui nous occupe , c’est à dire de –52 av JC jusqu’au milieu du siècle suivant ( cent ans tout au plus ) , le nom ait connu une double transformation ?

Il serait passé d’Alésia à Alisiia alors même que la période était relativement stable ?

 

Et comment expliquer alors si toute l’évolution du nom d’Alise est logique , le nom de la ville d’Ales dans le Gard ?

 

Ales ancienne Alésia qui portait encore ce nom au XIIe siècle …

Et qui n’avait donc pas troqué son E pour un I …

 

Si en Gaule l'évolution de E en I est normale , alors comment explique t'on que le E d'Ales n'ait pas muté ?

Et comment explique t'on Alieze ? Alaise ? Aluze ? Aloxe ?

Avancer une rêgle linguistique de manière aussi affirmative , alors même que dans ce domaine rien n'est encore certain,ne contribue en rien au sérieux de toute recherche en la matière d'autant plus que P.Lebel affirmait déja en 1949 ( Autour du nom d'Alise ) :

De toute façon , que l'e d'Alésia ait été long ou bref , ouvert ou fermé , je ne pense pas que cette voyelle ait pu passer à I à la date de l'inscription précitée .

 

Est-il possible alors qu'il s'agisse de deux étymologies différentes ?

 

Observation qui nous amène alors sur une autre question 

Et si Alisiia n’avait jamais été une Alésia ?

 

Mais bien une antique Alisia dont le nom proviendrait d’une autre racine impliquant la présence d’une source minérale ( racine Alis désignant la source ) , source attestée à Alise-Ste-Reine même, centre de nombreux pèlerinages durant des siècles et exploitée aussi par la médecine ( voir annexe : Etymon Alis ) .

 

A ce propos il serait intéressant d’étudier la situation du village d’ Elise Daucourt dans la Marne ( y a-t-il une falaise ? ), site géographiquement proche et qui portait encore le nom d’Alisiia ou Alisia au XIIe siècle ( Alisia 1130 , Alise 1222 cit. E.Nègre ) ,

 

Conclusion logique : Il y a donc eu très probablement sur notre sol à l'époque celtique , des Alésia et des Alisia  .

Nous aurions donc affaire à une racine oronymique pour le premier toponyme , et à une racine hydronymique pour le deuxième .

 

Pour en revenir au cas d’Alise-Ste-Reine , il est étrange de constater que si l'on excepte le poème du moine Héric , la quasi totalité des documents et inscriptions concernant la petite cité n’ont jamais fait mention d’Alésia :

 

Documents , inscriptions ...

 

 

1er siècle : Inscription ALISIIA

 

1er et 2e  siècle : ALISIENSES ( monnaies )

5e siècle : ALISIA ( S. Jérôme )
ALISIENSIS LOCVS ( Constance )

6e siècle : ALISIENSIS OPPIDUM / ALISIENSE PAGO ( Fortunat )

 

ALISIEMSI OPPIDO ( vie de St Amatre )

ALISENSE OPPIDUM ( Étienne Afr. )

ALISIA ( miracles de St Loup )

6e ou 7e siècle : ALISIA CAS-trum ( triens méroving. )
ALISIANA LOCVS ( Raban Maur )

 

8e siècle : LOCO ALISIA et LOCUM ALISIANE ( manuscrits Wiss. Berne )

  

13e siècle : ALYSIA, ALISIA ( Chartes diverses )

14e siècle : ALISIA VILLA, ALISE.

15e siècle : ALISENCIVM REGIO

 

18e siècle : ALIZE

 

 

                                                                                        

NB : Il faut aussi noter pour étoffer la liste , et après le poème du moine Heric , que celui-ci reprend l'ancienne graphie Alisia dans " les miracles de St Germain " en 868 .

On trouve aussi postérieurement au poème , la graphie Alésia dans les actes de Ste Reine en 890 , dans certaines copies des manuscrits de la vie de St Germain du IX au XIVe siècle , et en 1309 : Alesya .

 

Et il est intéressant de constater qu’aucun auteur antique n’a jamais fait mention d’aucune Alisia ou Alisiia en parlant de cet événement :

 

 

Littérature ...

 

 

1er siècle avant JC : ALESIA ( César )

 

1er siècle après JC : ALESIA  ( Diodore de Sicile , Strabon ) auteurs grecs

 

1er siècle après JC : ALESIA ( Paterculus , Tite-Live , Tacite , Pline ) auteurs romains

 

2e siècle après JC : ALESI'A ( Polyen ) auteur grec

 

2e siècle après JC : ALESIA  ( Plutarque ) auteur grec

 

2e siècle après JC : ALEXIA ( Florus ) auteur romain

 

3e siècle après JC : ALESIA  ( Dion Cassius ) auteur grec

 

5e siècle après JC : ALESIA ( Orose ) auteur romain

 

 

Il est probable que ces auteurs n'ont jamais mis les pieds en Gaule , ils ont donc écrit d'après César et il n'est globalement pas surprenant qu'ils ne retranscrivent que la graphie Alésia .

Toutefois il est certain que la plupart ont eu accès à d'autres sources et notamment celles issues des témoins oculaires de l'événement , officiers ou accompagnants , qui ont relaté le siège d'Alésia et qui auraient pu retranscrire un éventuel nom " local " .

Ces récits sont aujourd'hui perdus ou résumés au travers des textes de Plutarque ou Dion Cassius notamment .

En admettant même qu'Alisia était la persistance d'Alésia et ce durant toute la période gallo-romaine , il paraît quand même très étonnant qu'à aucun moment et dans aucun texte ( en rapport avec le siège de César ) la graphie Alisia ne soit employée !

A l'inverse , il paraît tout aussi étrange qu'aucun auteur gallo-romain n'ait jamais employé le nom Alésia en parlant d'Alisia , le site n'ayant jamais subi de rupture d'occupation , le nom antique ne pouvait s'oublier aussi facilement .

 

Alisia n'aurait donc jamais été Alésia ?

 

Faux ! Rétorquent encore certains défenseurs du site , car il existerait un nom savant donné par les érudits antiques «  Alésia «  et un nom indigène «  Alisia «  parlé et transcrit par le peuple …

 

En l'état cela n'est qu'une hypothèse , certes intéressante , mais sans preuve !

 

Autre pirouette pour tenter d'assimiler Alisiia à Alésia , les scribes antiques qui n'étaient pas trés adroits n'auraient pas su retranscrire le mot Alésia et l'aurait donc transformé ...

 

Sans commentaire ...

 

Ces explications n’étant pas vérifiables , elles sont donc par nature difficiles à contredire , par contre il est facilement compréhensible par tous que l‘emploi simultané d’au moins trois hypothèses pour tenter d’identifier Alisiia à Alésia , implique qu’aucune des trois n’est certaine …

 

 

D'après César , la plaine qui s'étend en longueur devant Alésia fait 4.5 km de long ...

( 3000 pas d'après César )

A Alise comment la calcule-t-on ?

                                               

La bataille finale ...

 

 

LE CAS DE LA COLLINE DU NORD :

 

L’affrontement final autour de cette montagne est le moment clef de la bataille d’Alésia et César y consacrera plusieurs pages , en effet l’armée Gauloise qui essaye de porter secours à Vercingétorix assiégé dans Alésia n’arrive pas à forcer les défenses Romaines dans la plaine . Les Gaulois de l’armée de secours essayent alors de contourner l’obstacle en passant par les hauteurs .

 

César :

Erat a septentrionibus collis, quem propter magnitudinem circuitus opere circumplecti non potuerant nostri: necessario paene iniquo loco et leniter declivi castra fecerunt . Haec Gaius Antistius Reginus et Gaius Caninius Rebilus legati cum duabus legionibus obtinebant.

 

 

" Il y avait au nord une montagne ( ou colline ) qu'en raison de sa vaste superficie nous n'avions pu comprendre dans nos lignes, et on avait été forcé de construire le camp sur un terrain peu favorable ( ou accidenté ) et légèrement en pente. Il était occupé par les légats Laïus Antistius Réginus et Laïus Caninius Rébilus, à la tête de deux légions. "

 

 .

Puis après avoir contourné cette montagne pendant la nuit , l’armée de secours conduite par Vercassivellaunos attaque les camps Romains établis à proximité .

 

Maxime ad superiores munitiones laboratur, quo Vercassivellaunum missum demonstravimus. Iniquum loci ad declivitatem fastigium magnum habet momentum . Alii tela coniciunt, alii testudine facta subeunt; defatigatis in vicem integri succedunt.

 

 

" Le danger est surtout grand aux fortifications de la montagne où nous avons dit qu’on avait envoyé Vercassivellaunos. La pente qui domine le terrain accidenté joue un grand rôle. Les uns jettent des traits, les autres s’approchent en formant la tortue ; des troupes fraîches remplacent sans cesse les troupes fatiguées."

 

Chacun interprétera à sa manière ce passage , mais l’étude du mot «  Fastigium « ( qui a donné faîtage en Français ) permet de supposer que le camp était dominé par une pente d’une certaine importance où s’étaient installés les Gaulois , leur octroyant de ce fait un avantage qui faillit être décisif .

 

NB : Ad declivitatem prend bien le sens de : inclinaison dans le sens de la descente , mais il est ici associé à fastigium : " toit en pente formant pointe au sommet - faîte , sommet d'un édifice ou d'une montagne .
L'intégralité de la phrase permet donc de préciser la topographie de l'endroit .

 

Dans nombre de copies * du BG le mot « iniquum « de la seconde phrase est remplacé par « exiguum « ce qui donne un sens légèrement différent à la phrase , en général traduit par : « L'étroite sommité qui dominait la pente était d'une grande importance « .

 

* Il existe deux classes principales de manuscrits , suivant l'une ou l'autre classe , certains mots sont remplacés par d'autres , ce qui peut induire un sens légérement différent sur tel ou tel passage .

Précisons que ces différences sont malgré tout anecdotiques , mais devaient être signalées . 

 

 

 

 

Le premier croquis relève de l’aspect théorique du  Fastigium  appliqué uniquement au camp Nord , le deuxième croquis est celui du site

d’Alise-Ste-Reine .

 

Il y a donc au Nord une montagne trop vaste pour que César puisse se permettre le luxe de l’englober dans ses lignes , il y construit donc deux camps pour en garder l’accès et pour une raison qui peut nous échapper , il les construit sur un terrain défavorable soumis à la pente , peut-être était-il tout simplement impossible de les construire au sommet à cause d’une pente trop raide ?

 

Toujours est-il qu’à Alise le problème ne se pose pas puisqu’il n’y a pas de montagne au nord !

 

Le mont Réa habituellement identifié à cette «  montagne «  n’est en rien différent de toutes les collines qui entourent l’oppidum , il est même d’une altitude plus faible que celui-ci .

 

De plus le sommet de la plupart des collines ( et le mont Réa n’échappe pas à la règle ) est couronné de plateaux , le terme pente en ce qui les concerne semble tout à fait excessif .

 

Alors pourquoi César aurait-il établi des camps dans l’intervalle qui sépare le «  sommet «  du mont REA et la plaine , en laissant ce même «  sommet «  potentiellement aux mains de ses ennemis ? 

 

Généralement les défenseurs d’Alise éludent ce problème ; Constans avait le site sous les yeux lorsqu’il fît une des traductions de référence sur le texte Césarien , lui aussi élude cette difficulté due au «  Fastigium «  en restant le plus neutre possible , pouvait il faire autrement ?

 

César :

Iniquum loci ad declivitatem fastigium magnum habet momentum.

 

Constans :

 La pente défavorable du terrain joue un grand rôle .

 

Declivitatem peut signifier pente tout comme fastigium .

.

Constans escamote tout simplement la traduction du fastigium , normal !

Dans l'environnement immédiat d'Alise , ce mot ne signifie rien !

 

 

Le mont Réa vu du sud : Pas de fastigium , pas de pentes , de hauteurs , de colline , ni de montagne le surplombant ...

 

 

Le même mont Réa vu de l'oppidum cette fois , où l'on constate qu'il ne peut être soumis à aucun danger venant d'aucune pente le surplombant !

 

Pour en finir avec cette analyse du camp Nord et pour être complet , on peut donc constater qu'à Alise non seulement le camp nord ° n'est soumis à aucun danger potentiel , mais on pourrait même considérer que vue sa topographie ( le mont Réa est un éperon somme toute assez isolé ) ; une position romaine au sommet serait de facto quasiment inexpugnable , ce qui en ferait donc un des points forts du dispositif Césarien !

On est donc à l'opposé sur ce point de la situation du camp dans le texte des commentaires .

 

° A signaler qu'aucun camp(s) n'a été retrouvé lors des dernières fouilles sur les pentes du Réa , même situation au XIXe malgré des fouilles intenses , tout juste les fouilleurs de Napoléon III auraient-t-ils " deviné " la forme d'un camp(s) dans la pente !

 

A signaler aussi que certains chercheurs ont fini par se dissocier de cette équation simpliste Réa=camp nord , tel J.Harmand en 1978 ( Caesarodunum sup n°28 p 420) :

     

Confronté à l'incompréhensible attachement des publications officielles envers une tradition inintelligente , on en vient presque à regretter qu'aient été faites les découvertes mobilières du sud-est du Réa , source profonde de cette illusion .

 

Or , si il n'y a plus de camp nord , de montagne nord et plus de bataille finale à Alise , non seulement Alise n'est pas Alésia mais on se demande bien comment le futur muséo-parc qui envisage une reconstitution des événements in situ va trancher cette question !

 

 

Continuons de suivre César pendant la narration de l’assaut final :

 

Interiores desperatis campestribus locis propter magnitudinem munitionum loca praerupta ex ascensu temptant:

 

"Les assiégés, désespérant de venir à bout des fortifications de la plaine, car elles étaient formidables, tentent l’escalade des hauteurs …"

 

On retrouve plusieurs indications dans cette phrase :

 

Les assiégés renoncent à attaquer les fortifications de la plaine et essayent d’escalader les «  praerupta «  autrement dit les abrupts

 

Si les assiégés tentent d’escalader les hauteurs c’est bien parce que le dispositif défensif Romain de la contrevallation est allégé sur les collines qui entourent l’oppidum par opposition à celles de la plaine qui sont «  formidables « !

Et si ils doivent escalader des abrupts c’est qu’à certains endroits la pente doit être sévère et en avant du dispositif défensif romain !

A Alise la quasi totalité des fortifications sont dans la plaine , nulle hauteur à escalader !

 

Pourquoi  César aurait-il cru bon de faire une distinction entre les fortifications de plaine ( formidables ) et les autres ( allégées ) , alors même qu’il est facile de constater qu’à Alise , il n’y en a pas ... " d’autres " !!!

 

 

Concernant l’aspect de la plaine , point important !

 

Ante id oppidum planities circiter millia passuum III in longitudinem patebat.

 

La plaine de 3000 pas ( 4.5 km ) en avant de l’oppidum et décrite par César comme le thêatre de la plupart des opérations est tout simplement impossible à mesurer  .

De par sa forme , en face d’Alise , la plaine des Laumes n’a ni longueur , ni largeur …

En tout état de cause on y cherchera désespérément une longueur à calculer (*) !

 

 

 

PLAN D'ALISE DU XVIIIe siècle

 

 

 

Pour remédier à cette situation embarrassante , depuis plusieurs siècles les érudits travaillent à faire coïncider l'immense plaine des Laumes avec le texte de Jules César qui , lui , ne délivre qu'une petite longueur de 4.5 km .

En 1741 est édité le premier plan raisonné des fortifications Romaines d'Alise , seulement ce plan est  truqué !

 

En effet pour faire coïncider la topographie avec le texte , l'ensemble du plan a été remanié , la longueur Nord-Sud de la plaine des Laumes est nettement amputée surtout au Nord , l'oppidum est desaxé vers le Nord , le mont Réa au Nord-Ouest de l'oppidum a lui carrément disparu et le petit village de Grignon s'avance par contre un peu plus dans la plaine comme pour la barrer ...

 

Tout cela pour que la plaine semble partir de l'oppidum ce qui est évidemment loin de la réalité du terrain .

Deuxième conséquence volontaire et primordiale , il suffit alors de créer une ligne droite de l'oppidum vers Grignon pour obtenir les 4.5 km requis !

 

M.Reddé s'en étonne vaguement : " Egarement de la boussole ? Erreur de levée ? Conscience plus ou moins claire , que la colline septentrionale n'est pas exactement à la place qu'une lecture idyllique du texte de césar permet de supposer ? "

 

(*) M.Reddé parvient malgré tout à cadrer avec le texte au prix d'une petite manipulation intellectuelle qui est loin d'être concluante ( p 133 Alésia : L'archéologie face à l'imaginaire ) ...

Il reprend  tout simplement et de manière à peine plus subtile le même procédé que d'Anville !

 

Citation : La longueur de cette plaine mesurée du pied de l'oppidum ( secteur des trois ormeaux ) jusqu'à l'endroit où elle se referme ( Grignon ) est de 4.5 km ... Dans le sens Est-Ouest de la pente des cours d'eau .

Devant l'oppidum , à l'Ouest , une plaine dont les dimensions sont trés exactement celles du texte Césarien .

 

                                                                                                                                                                        

Libre à chacun de juger de la pertinence du propos ...

A noter , que calculée nord-sud , la longueur totale de la plaine avoisine les 20 km !

 

 

LES SIEGES ET AUTRES DESTRUCTIONS

 

Autre étrangeté du site d’Alise , la multiplicité des sièges subis …

Il est pour le moins très étonnant de constater que pendant la période romaine le site a subi de nombreuses attaques ! 

Si les sièges listés ci-dessous n'ont vraisemblablement pas de rapport direct avec l'épisode qui a concerné Alise-Ste-Reine , ils paraîtrait vraisemblable qu'ils aient laissé des traces et brouillé quelques pistes , notamment pour toute recherche avec détecteur de métaux . .

 

Dans la liste ci-après , figurent les événements qui ont marqué l'histoire de l'Alisia antique , Ces événements peuvent être des sièges avec ou sans destruction de la ville et des destructions seules qu'elles soient accidentelles ou volontaires :

 

 

 

1) En 21 ap JC . le général romain C.Silius fait le siège d'Alisiia et emporte la place !
En effet l'Eduen Julius Sacrovir allié au Trévire Julius Florus est venu se réfugier sur l'oppidum où il avait trouvé du renfort .

 

2) Grand soulèvement de 68-70 par Vindex , classicus , tutor , sabinus , civilis , ils profitent du désordre qui précéde et suit l'assassinat de neron et de la guerre civile qui s'ensuit , civilis essaye d'embraser la gaule du nord-est : trevires , lingons , bataves , sequanes , eduens se soulèvent .

Rome devra mobiliser 6 légions en 70 pour en venir à bout .

Sur l'oppidum d'Alise dans la ville Gallo-Romaine se trouve la maison dite au Silène , dans la pièce n° 3 il a été retrouvé trois sous-sols superposés , le premier sans doute utilisé jusqu'au bas empire , le deuxième détruit par un incendie ( fin 2ème siècle ) , le troisième comportait un grand nombre de tessons ( vase , vaisselle ) brisés de l'époque de Claude et de Neron où il a été constaté que le sanctuaire de Taranis avait subi des dégats considérables .

 

3) En 196-197 , Septime Sévère et Albinus se disputent l'empire et c'est par une victoire devant Lyon en 197 que Septime Sévère l'emporte

la maison au Silène a subi un pillage et une mise à sac méthodique , la preuve de la mise à sac est apportée surtout par les outils exhumés du sous-sol et du grand puit .

Il s'agit d'une maison de marchand dont les affaires ont été interrompues brutalement par un drame .Les monnaies recueillies placent ce drame vers la fin du second siècle de notre ère .

Le monument à crypte a été saccagé avant d'être détruit par le feu , la violence de celui ci avait transformé les matériaux en chaux , or cet incendie est daté approximativement par un denier d'argent au nom de Septime Sévère recueilli dans la crypte , denier frappé après la campagne de 197-198 contre les Parthes .

Concernant ce second désastre de la maison au Silène , la destruction fut systématique et organisée .

Cet événement intervenant après la victoire contre Albinus , on peut supposer qu'il ne s'agit donc pas d'un siège mais d'une répression effectuée par Septime Sévère , peut être pour l'aide délivrée par la ville à Albinus ?

 

 4) En 250 . Nouveau siège de la ville contre les bagaudes !

Pas d'incendie constaté , la ville fut sans doute prise mais pas détruite .

 

5) En 275-276 . Nouvelles et terribles dévastations des Germains en Gaule

On constate sur le site un troisième Incendie autour de la période de Tetricus le père ( 271/273) .

Après celui-ci on se contente de rétablir les murs détruits en utilisant essentiellement des matériaux de remploi .

 

6) HIVER 356-357 . Les légions de Julien l'apostat assiègent les Alamans et les Burgondes retranchés dans Alisia , la ville est prise  !

 

7) En 377 Gratien remporte une belle victoire sur les Alamans

L'incendie qui a détruit Alisia une quatrième fois date de cette période là ou juste après , y'a-t-il un rapport entre ces deux événements ( siège , accident , répression  ) ?

 

 

Comment est-il possible que seul le siège de -52 soit archéologiquement parlant ?

Les sièges cités ci-dessus ont fatalement laissé des traces , même superficielles !

Le dossier alisien en est donc fatalement impacté .

Toutefois et pour être honnête , cet aspect du problème est d'importance secondaire et doit être relativisé , de toute évidence le siège alisien est  antérieur à l'époque gallo-romaine .

 

 

 


 

LA BATAILLE PRELIMINAIRE

 


Revenons aussi un instant sur la bataille préliminaire de cavalerie qui a opposé César à Vercingétorix alors que ce dernier venait de tendre une embuscade à l'armée romaine en retraite vers la province , cet affrontement sanglant ( 3000 morts chez les gaulois ) tournera à l'avantage de césar obligeant Vercingétorix à se réfugier sur l'oppidum d'Alésia .

Or César raconte que dès le lendemain il se retrouve en face d'alésia , il est bien évident qu'il n'a pu poursuivre les Gaulois pendant la nuit et en territoire inconnu , la bataille préliminaire se situe donc à peu de distance de l'oppidum , la plupart des spécialistes estiment à une demi-journée ou à une vingtaine de km la distance parcourue par l'armée de Vercingétorix et ses bagages après l'affrontement .

La topographie décrite par César et la distance estimée avec Alésia n'ont jamais permis de retrouver à proximité d'Alise le lieu de cet affrontement , plusieurs sites ont été proposés depuis 150 ans sans qu'aucun ne convienne .

Certains défenseurs d'Alise se sont donc cru autorisés à traduire le mot altero die par le surlendemain , utile pour élargir le champ des possibilités mais contraire aux règles de traduction latine ( voir à ce sujet et par exemple M.Reddé dans " Alésia : L'archéologie face à l'imaginaire " p 44 ) .

Caesar impedimentis in proximum collem deductis, duabus legionibus praesidio relictis, secutus quantum diei tempus est passum, circiter tribus milibus hostium ex nouissimo agmine interfectis altero die ad Alesiam castra fecit .

"César laissa ses équipages sur un coteau voisin, les commit à la garde de deux légions, poursuivit l'ennemi tant que le jour dura, lui tua environ trois mille hommes de l'arrière-garde, et campa le lendemain devant Alésia ."

Altero die se traduit bien par le lendemain ( voir Gaffiot ) , mais certains esprits subtils ont argué qu'il était possible de traduire par le surlendemain sous le prétexte qu'altero pouvait faire partie d'une énumération ( Voir Cicéron * ) en oubliant au passage que dans ce cas précis il n'y avait pas d'énumération ...

 

* Cicéron , phil. I,32 dans l'expression " proximo, altero , tertio , reliquis consecutis diebus "

 

Si Alise n'est pas Alésia ...

 

Alors Alésia est ailleurs !

 

 

Laissons s’exprimer sur le sujet un des grands défenseurs d’Alise , Jérôme Carcopino :

 

" Il est à mon avis certain que trois textes au moins localisent chez les Séquanes l'Alésia de Vercingétorix.

 

Le plus explicite est le passage de Dion Cassius...( Il )  affirme que le chef gaulois surprit le proconsul dans sa marche et l'enveloppa chez les Séquanes ...

Le témoignage de Dion Cassius est donc formel .

 

Au lieu de ruiner l'assertion de Dion Cassius , Plutarque la renforce lorsqu'il indique que c'est là , c'est à dire chez les Séquanes ...

 

Enfin et surtout Plutarque et Dion Cassius sont d'accord non seulement l'un avec l'autre , mais tous les deux ensembles avec César ."

 

 

Pourquoi donc Carcopino essaie t’il de justifier la localisation d’Alésia chez les Séquanes ?

Alors même qu’il défend l'idée qu'Alise est Alésia , et alors même qu'Alise est située en territoire Eduen voire Lingon 

 

De toute évidence , à force de lire et de relire les textes , Carcopino , philologue éminent , avait fini par acquèrir la conviction qu'Alésia était bien en Séquanie .

 

Or à l'époque de César le territoire Séquane est en lieu et place de l'actuelle Franche-Comté , pour Carcopino il fallait donc absolument replacer Alise dans ce contexte et ainsi établir définitivement sa crédibilité vis à vis des textes antiques .

.
 L’extrait présenté ci dessus provient du livre " Alésia où les ruses de César " ( édition de 1958 ) , dans cet ouvrage Carcopino essayait désespérément de prouver l’existence de Séquanes de l’ouest à l’emplacement d’Alise ; et bien que l'ouvrage soit maladroit , parfois malhonnête et l’hypothèse fausse , le livre n’en reste pas moins intéressant du fait de la grande érudition de son auteur .

 

Jérôme Carcopino , historien , archéologue et haut fonctionnaire Français est né le 27 juin 1881 et est décédé le 17 mars 1970.

Historien de la Rome antique, il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels on doit citer le plus important : César qu'il fit paraître en 1936.

 

 

Si on étudie dans le détail les textes concernés , il en ressort effectivement que César fut attaqué par Vercingétorix dans le pays des Séquanes et il est donc fort probable que l’Alésia des Mandubiens s’y trouve aussi !

 

Suivons César , Plutarque et Dion Cassius

 

César

BG 7.66

 

 

Magno horum coacto numero, cum Caesar in Sequanos per extremos Lingonum fines iter faceret, quo facilius subsidium provinciae ferri posset, circiter milia passuum decem ab Romanis trinis castris Vercingetorix consedit

 

Vercingétorix forme de ceux-ci un corps nombreux et, comme - César faisait route « vers « le pays des Séquanes par l’extrémité du territoire des Lingons,- afin de pouvoir plus aisément secourir la Province, il s’établit, dans trois camps, à environ dix mille pas des Romains 

 

( - Traduction généralement admise - Pour saisir le sens exact de la phrase de César , il est utile de se reporter aux pages 81 à 85 de l'ouvrage "Alésia" par Berthier et Wartelle , analyse du texte par J.Y Guillaumin .

Après décryptage et mise en contexte , tout indique que César était déjà chez les Séquanes lorsqu'il fut attaqué par Vercingétorix .)

 

 

La vie de Jules César par Plutarque

XXIX.

 

César fut donc obligé de décamper promptement et de traverser le pays des Lingons, pour entrer dans celui des Séquanes , amis des Romains et plus voisins de l’Italie que le reste de la Gaule. , environné par les ennemis, qui étaient venus fondre sur lui avec plusieurs milliers de combattants, il les charge avec tant de vigueur, qu’après un combat long et sanglant, il a partout l’avantage et met en fuite ces Barbares .

 

Dion Cassius

Livre XL

 

César voulut marcher sur-le-champ contre les Éduens ; mais, arrêté par la Loire, il se dirigea du côté des Lingons, et ne fut pas plus heureux.

Vercingétorix, à qui César ne paraissait plus redoutable à cause de ses revers, se mit en campagne contre les Allobroges. Il surprit dans le pays des Séquanais le général romain qui allait leur porter du secours, et l'enveloppa ;

 

 

Nous sommes donc chez les Séquanes , mais qui étaient ils ? D’où venaient ils ? Où se situaient ils ? Et à quelle époque ?

 

Comme la plupart des autres peuples gaulois ils n’apparaissent qu’à la faveur de la guerre des gaules.

Avant nous ne savons quasiment rien des habitants de l’Europe septentrionale . Les celtes eux même ne commencent à être cités qu’au Ve siècle av JC et encore de manière très réduite .

 

Pour ce qui concerne les Séquanes on sait qu’ils ont habité les parages des sources de la seine dont ils ont pris le nom , à moins qu’ils ne l’aient eux-même donné au fleuve , là encore rien n’est établi avec certitude ; ce qui est certain c’est qu’à la période de la guerre des gaules leur territoire s’étendait grosso-modo en lieu et place de la Franche-Comté .

Les frontières du territoire Séquane nous sont à peu près connues , César nous dit par exemple que les Séquanes et les Eduens se disputaient régulièrement les péages sur la Saône ce qui implique bien évidemment que les limites des deux territoires n’en étaient pas loin ; il nous dit aussi qu’au sud il existait un passage étroit et difficile, entre le Jura et le Rhône, où pouvait à peine passer un chariot et dominé par une haute montagne ( Bellegarde-sur-Valserine ) ; ce passage était tenu par les Séquanes.  Il nous dit aussi que le Jura séparait les Séquanes des Helvètes ; mais  bien évidemment les limites exactes ne peuvent que rester sujettes à caution  .

 

 STRABON

 

Si on veut utiliser une autre source que César pour matérialiser sur une carte ce territoire et recouper les informations , il est peut être intéressant d’utiliser la géographie de Strabon qui est quasiment son contemporain .

 

Partant de l'Est Strabon nous dit :

 

Aux Helvètes, le long des bords du Rhin, succèdent les Séquanes et les Médiomatrices, et, compris parmi ces derniers, les Tribocques, peuple germain, enlevé naguère à ses foyers et transporté là de la rive opposée du fleuve. Le mont Jurasius, situé dans le pays des Séquanes, sert de ligne de démarcation entre ce peuple et les Helvètes. Au-dessus, maintenant, des Helvètes et des Séquanes, dans la direction du couchant, habitent les Aeduens et les Lingons

 

Et partant du Sud , c’est à dire de Lyon :

 

Quant aux peuples qui succèdent aux Segosiavi dans la direction du Rhin, ils ont pour leur servir de limite, les uns, le Doubs, les autres l'Arar (  La Saône ) , deux rivières qui, ainsi que nous l'avons dit précédemment, descendent aussi des Alpes et se jettent dans le Rhône, après avoir confondu leurs eaux. Mais il y a encore une autre rivière , le Séquanas , qui prend sa source dans les Alpes et va se jeter dans l'Océan, après avoir coulé parallèlement au Rhin et avoir traversé tout le territoire d'un peuple de même nom compris entre le Rhin à l'est et l'Arar à l'ouest :

 

La géographie de Strabon est d’une précision approximative mais fort utile quand on veut se donner une idée des territoires à l’époque de la Guerre des Gaules, et il peut effectivement donner l’impression de se tromper en faisant jaillir la source de la Seine dans les Alpes .Impression trompeuse !

Il faut effectivement noter qu'à l'époque et pour Strabon la chaîne du Jura faisait partie des Alpes . Et " l’erreur " elle-même n’est peut être pas si saugrenue que cela , on le verra par la suite .

 

 

 

 

En 1958 lorsque Carcopino sort son livre , il pense et c’est logique , que les Séquanes viennent de Suisse via le Jura . En effet cet itinéraire est le plus probable puisqu’on sait que le centre de l’expansion celtique , voire pré-celtique , si on remonte dans le temps , se situe autour de l’arc Alpin principalement en Suisse , sud Allemagne et Autriche .

Mais il se trompe sans doute car les Séquanes ne venaient peut-être pas de l’est mais vraisemblablement du nord !

 

Il s’agit bien évidemment d’une hypothèse invérifiable en l’absence de traces écrites , mais les «  coïncidences «  qui parsèment le voyage sont pour le moins troublantes .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(2) ORIGINE DES SEQUANES .

                     

A partir d'ici nous quittons le cadre de l'étude du terrain et des textes se rapportant à Alésia , pour entrer dans celui plus abstrait de l'hypothèse .

Les deux parties peuvent donc évidemment se consulter de manière totalement dissociée sans influer l'une sur l'autre ( voir nota bene ) .

 

L’histoire des Séquanes commence peut-être en Suisse sur les contreforts ouest des Alpes ; à cette époque  pendant le deuxième millénaire avant JC,  la température est plus élevée qu’aujourd’hui et la civilisation pré-celtique prospère rapidement , par petits groupes et par vagues successives. Ces groupes essaiment à travers l’Europe .

 

 

 

 

 

Le territoire qui nous intéresse ( aujourd’hui Entremont ) se situe au nord-est du lac Leman le long de la vallée de la Saane ( Sarine en français ) , il se prolonge jusqu’à la ville de Fribourg voire au delà et est contigu à la vallée du Rhône ; .le peuple occupant de ce territoire n’a pas de nom connu , toutefois l’étude de la toponymie semble indiquer qu’une notion de force se dégage des lieux .

 

La Sarine est la traduction française du nom allemand de la rivière “ die Saane “ .

La Sarine, affluent de l´Aar prend sa source sur la commune de Savièse (District de Sion, Valais), et traverse les cantons de Vaud et de Fribourg, formes anciennes Sanona en 1039,  Sarona en 1339,  dériverait d´un Seganona, « la Forte » issu de segano, « fort » ; elle a donné son nom à un district fribourgeois ;

 

Senin = grand pâturage aux sources de la Sarine, col de senin, lieu-dit, et lac de senin, Senin et Senenz en 1243, Senens en 1379, provient du nom de la sarine .

Le nom allemand correspondant, Sanetsch, a la même origine (Savièse, district de Sion, Valais, et Gessenay, Berne).

 

Saanen = Sanon en 1393, de Saane, nom allemand de la Sarine

 

La Singine = affluent de la Sarine, Sensuna en 1076, Sensun en 1268, nom allemand Sense, d´un Segontiona dérivé de Segontia, « la Forte, la Puissante », devenu plus tard *Se(o)ndzona , elle a donné son nom à un district fribourgeois ;

 

La Sionge = cours d´eau affluent de la Sarine, hameau de la commune de Sâles et maison isolée de la commune de Bulle, district de la Gruyère (Fribourg), Sionsy et Syonsi en 1355, Sionse en 1381, Sionzys en 1508, du gaulois Segonna, de sego-, force, et onna cours d´eau .

 

A noter aussi le village vaudois du district de Moudon , Syens , qu'on retrouvera plus loin en fin d'étude et aussi en annexe 1 .

 

 

 

 

On l’a vu ce territoire est contigu à la vallée du Rhône et notamment au district de Sion ( Valais ) .

Considérant l’étendue du territoire ,  Il est possible que les habitants du Valais au territoire plus restreint étaient alors leurs clients , alliés ou parents .

A l’époque de César , leur nom «  Sédune «  venait peut être de leur capitale Sion .

Sion = chef lieu du Valais nom gallo-romain Sedunum au IVème siècle, localité principale de la tribu gauloise des Sédunes, aussi nommée Sedyninsium civitas , Sidunensis, Sedunum en 859.  Ces toponymes dérivent du nom gaulois Sego-dunum, « Fort de la Victoire » ,le nom sego provient de la racine Celte seg- , « victoire, force »,

 

 

Il est à noter qu’au moyen-âge ce versant de la vallée dépendait autrefois de la région d'Entremont, à laquelle il était relié par les cols des Etablons, de la Pierre-à-Voir et du Lin., il paraît vraisemblable qu’il ait pu en être de même antérieurement .

 

On le voit tous ces toponymes sont basés sur la racine celtique «  Seg «  qui signifie «  la force ou la victoire «  . Bien entendu il est impossible de savoir à quand remonte exactement l’ancrage toponymique dans la vallée mais à l ‘époque où César débarque en gaule il apparaît clairement que de nombreux noms celtiques sont inscrits depuis fort longtemps dans le paysage européen .

 

En tout état de cause le peuple qui a engendré cette notion de force sur ce territoire devait jouir d’un certain prestige .

 

XIIe siècle : MIGRATION ...

 

Au XIIe siècle av JC se produit un mouvement important parmi les peuples proto-celtes . Certes il est établi que les flux migratoires furent rarement massifs et qu’ils se firent plutôt de manière aléatoire mais on observe toutefois à certaines époques des migrations plus brutales .

On observe donc au XIIe siècle une diffusion de la culture proto-celtique depuis les Alpes vers les territoires alentours .

La cause de ces mouvements reste obscure mais on peut supposer que ces peuples en constante expansion avaient besoin d’espace pour éviter le surpeuplement

 

Une partie sans doute de notre peuplade accompagnée de ses alliés ( dont peut-être des Sédunes ) se joint au mouvement migratoire , ils remontent alors le Rhin a la recherche d’une contrée vaste et accueillante , ils finissent par s’établir à l’Est de Bonn , en Westphalie-Rhénanie dans une vallée qui rappelle celle d’origine .

Là encore les mêmes indices qu’en suisse semblent témoigner de leur installation , citons :

 

La ville de Siegen = Ancienne Segodunum , Segedunum  Siga, Sigena, Sigena Nassoviaerum

 

La rivière la Sieg = sega , segaha , siga , rivière qui traverse tout le territoire de l’est vers l’ouest avant de rejoindre le Rhin .

 

La ville de Siegburg = sige , sigisburgum , sineburgo , sigenbergensis

 

Le nom allemand Sieg dérive directement de la racine Seg .

 

Quand à la la région elle a pour nom :Le Siegerland

 

La liste est non exhaustive évidemment

 

Notons que tout ce territoire prendra le nom de Senensis comitatus puis de Seyna , il finira même par donner son nom à toute une lignée aristocratique qui durera des siècles , la lignée des comtes de Sayn ( ou  Seyn ) .

 

 

 

 

 

Il ne fait guère de doute que ce peuple souhaitait impressionner ses voisins en parsemant son territoire de noms dégageant une idée de force , peut-être sur le modèle de leur territoire antérieur ?

Cependant et quel que soit l’attrait du lieu ils finiront par partir après deux ou trois siècles d’occupation et de prospérité .

En effet au IXe siècle , le temps se refroidit brutalement et déclenche une nouvelle migration , vers le sud cette fois !

 

 

CLIMAT

Tous ces changements climatiques sont parfaitement connus des spécialistes , on assiste au début du 1er millénaire avant JC à une récession thermique qui dure encore de nos jours , le climat se dégrade et le temps devient plus frais et plus humide , la tendance va en s’accentuant jusqu’au VIe siècle av JC.

Un maxima glaciaire est attesté par la tourbière du glacier de Fernau (Tyrol),

entre -900 et –300 ,  Il s’agit de deux poussées glaciaires successives, dont chacune se prolonge pendant deux ou trois siècles, séparées par un intervalle de retrait pendant un siècle et demi

 

Nouvelle migration ...

 

 

Ce peuple redescend donc le Rhin et finit par arriver dans une région au climat un peu moins rigoureux , la Lorraine et les contrées avoisinantes sont plus accueillantes et ils vont y rester durablement . Ils finiront d’ailleurs par inscrire leur nom en toute lettre dans certains toponymes , l’étendue de leur territoire et la puissance de leurs armes achèveront de forger définitivement leur patronyme .

 

Longtemps on a pensé qu’ils se nommaient «  les anciens ou les vénérables «  sans doute à cause de l’homonymie parfaite avec la racine «  Sen «  qui signifie en celte comme en latin : vieux ou ancien .

Or on sait maintenant qu’il existait une autre racine indo-européenne ayant la même signification que la racine «  Seg «  il s’agit de la racine «  Sen(h) « : force , victoire .

Ce peuple dont le prestige guerrier assurait sa renommée depuis déjà de longs siècles et qui finira même par faire trembler Rome , ce peuple avait pour nom «  Sénons «  .

 

Il n’est pas possible de définir à quelle époque ils laisseront là aussi leur nom dans la toponymie locale mais leur présence sur place va durer longtemps . Elle est d’ailleurs attestée par cette inscription trouvée à Metz en 1895 , une dédicace religieuse «  aux matres senonum «  = deesses –mêres des Senons .

Ou un peu plus à l’Est au delà du Rhin à Bockingen ( Allemagne ) = inscription " aux seno(nibus) matronis ".

 

En Lorraine même , de nombreux lieux semblent porter la trace de leur passage , même s’il faut accepter l’idée que les germains qui fouleront ce sol bien des siècles plus tard lors des invasions , reprendront certains de ces noms sans trop les dénaturer .

 

On trouve réparti un peu partout sur leur territoire les villages de :

 

Implantation des Sénons ...

 

Senonges = senoneas , senongas , senonias au X ème siècle

 

Senoncourt = senuncurtis en 1150

 

Senon = senum , senonensis en 1227

 

Senoncourt = cenoncourt en 1370

 

Senonville = même nom en 1180

 

On trouve aussi un lieu au pied des Vosges encore plus étonnant , il s’agit du village de Senones . L’histoire dit qu’il fut fondé au VIIe siècle par Gombert, ancien archevêque de Sens.

La rivière qui passe à coté porte le même nom ; il se dit que c’est le monastère qui lui a donné son nom , ce dont on peut douter , les noms de rivières étant en règle générale assez anciens .

 

Nul ne sait ce qui aurait poussé l’évêché de Sens à envoyer un de ses émissaires en ce lieu perdu , si ce n’est le souvenir ou le nom encore vivace d’un lieu fréquenté par les ancêtres même des habitants de la ville de sens  !

 

Quelles sont les limites de ce territoire au IXe siècle av JC ?

 

Il serait vain et imprudent de se risquer à en définir les contours , toutefois certains indices ténus peuvent constituer un début de  piste .

 

A l’ouest sur la frontière de leur territoire supposé , commune de Marmesse on a trouvé il y a quelques années , enfouies au fond d’un étang , neuf cuirasses empilées trois par trois . On ne sait pas quelle signification donner à ce dépôt d’arme en milieu humide , on peut seulement remarquer son caractère ostentatoire , guerrier et prestigieux ; et la date de cet événement ,

le IXe siècle av JC …

 

 

Cuirasse de Marmesse

 

A l’Est de ce lieu et à proximité immédiate , on trouve certainement et pas par hasard , le village de Semoutier-Montsaon , Montsaon ( mons+sion ) construit comme son homonyme de Suisse sur le composé Segodunum et qui est un ancien site fortifié sur une colline ( Mons syon en 1145 ) .

 

Expansion des Sénons à partir du coeur de leur territoire ...

  • EN ROUGE : Zone des noms en SENON
  • NUMEROS : Voir annexe 1 pour description des sites 
  • LIGNES BLANCHES : Sites en rapports ( matériaux )
  • VIX / BO ( blanc ) : Voir rubriques suivantes ( IIIe siècle )
  • PERIGNY : Site en rapport avec la ville de SION ( SUISSE )
  • SY : SYAM , village en rapport avec celui de SIEN ( 12 , ALL )

 

L'examen de cette carte permet de délimiter de manière approximative et partiale l'étendue du territoire Sénon entre le VIII et le Ve siècle .

 

On observe notamment qu'ils devaient occuper toute la plaine d'Alsace voire au delà ( BO = Bockingen ) , que le territoire était bordé à l'Est par le Jura , qu'à l'Ouest la haute vallée de la Seine devait constituer une frontière physique et cultuelle très importante et que plus au Nord-Ouest l'espace était peut-être déjà occupé par les Rêmes ( P'remi = " les premiers ", ils ont donné leur nom à la ville de Reims ) .

 

Sans rentrer dans le détail que l'on retrouvera en annexe 1 , on peut constater une concentration inhabituelle de sites sur le cours supérieur de la seine et à proximité même de la source .

On peut constater aussi , la présence aux confins nord et sud du territoire de deux villages ayant porté le même nom , hasard ?

Nous avons en Allemagne , le village de Sien et dans le jura le village de Syam , or une forme ancienne de ce nom , relaté par G.Cousin au XVe siècle , nous donne aussi Sien .

 

A ce stade de l'hypothèse il est aussi permis de s'interroger par exemple sur ce qu'il est advenu des Sédunes . Il est tout à fait possible que les Sénons les aient laissé occuper la partie de la Seine en aval de leur territoire , on trouve en effet sur la commune de Perigny en aval de Troyes un dépôt du VIe siècle qui non seulement présente de fortes similitudes avec celui de Crançot de la même époque ( Jura , Ouest de Champagnole ) mais on y trouve aussi et surtout la parfaite réplique d'un poignard découvert également lors de fouilles dans la ville de Sion en Suisse ...

 

 

L'ITALIE ...

 

A la fin du Ve siècle un profond bouleversement va de nouveau affecter les Sénons et au delà toute une grande partie Nord-Est de la Gaule . Les riches échanges commerciaux avec l'Italie ont aiguisé l'appétit des Celtes. La Gaule est alors densément peuplée et devient plus difficile à gérer ; une migration ( voire plutôt des migrations successives ) s'organise une fois encore , cette fois-ci direction l'Italie .

 

On connaît par divers auteurs antiques , les acteurs principaux de ce grand voyage , Boiens , Lingons , Senons ... Mais un auteur est encore plus précis . Et même si il est encore difficile à l'heure actuelle de dire si il ne faisait pas l'énumération des peuples celtes connus à l'époque , la liste qu'il fournit est édifiante ; pour lui les principaux peuples de gaule orientale y ont participé :

 

 


TITE LIVE

Livre V 35/36

 

A Bellovèse, les dieux montrèrent un plus beau chemin, celui de l'Italie. Il appela à lui, du milieu de ses surabondantes populations, des Bituriges, des Arvernes, des Héduens, des Ambarres, des Carnutes, des Aulerques; et il partit avec de nombreuses troupes de gens à pied et à cheval …

Bientôt, suivant les traces de ces premiers Gaulois, une troupe de Cénomans, sous la conduite d'Étitovius, passe les Alpes par le même défilé, avec l'aide de Bellovèse,. Ensuite, par les Alpes Pennines. arrivent les Boies et les Lingons . Enfin, les Sénons, qui vinrent en dernier, prirent possession de la contrée qui est située entre le fleuve Utens et l'Aesis. Je trouve dans l'histoire que ce fut cette nation qui vint à Clusium et ensuite à Rome; mais on ignore si elle vint seule ou soutenue par tous les peuples de la Gaule Cisalpine.

 

Tous ?

 

 

En fait non ! Il manque deux grands peuples à cette liste , l'archéologie nous fournit deux indications importantes sur ce sujet , les deux attestent d'une part que le Nord-Est de la Gaule et au delà le Bade-Wurtemberg en Allemagne connaissent une chute brutale d'occupation , et d'autre part , que seule la région de Reims ne subit pas de rupture de ce type . On retrouve donc sur le terrain les effets de cette migration de grande ampleur et la confirmation qu'il est normal de ne pas retrouver les Rêmes en Italie !

 

Le deuxième peuple qui fait défaut à l ‘énumération de Tite-Live est un des plus grands peuples de Gaule ... Il s'agit bien entendu des Séquanes !

 

Or encore une fois l'archéologie prouve que le Jura connaît la même chute brutale d'occupation à la même époque , il est donc plus qu'étrange de ne pas retrouver les Séquanes parmi les migrants d'Italie !

Deux hypothèses se présentent alors :

Soit les Séquanes n'étaient pas encore présents sur notre sol a la fin du Ve siècle , soit tout simplement ce peuple n'avait pas encore d'existence ...

 

 

LES SENONS EN ITALIE ...

 

Pour revenir à la migration en Italie , les Sénons partent les derniers , ils arrivent en Italie alors que les autres nations Celtes ont déjà investi toute la plaine du Pô jusqu'aux Appenins . Leur prestige guerrier les désignent sans doute pour être en première ligne face aux armées romaines , armées qu'ils vaincront effectivement à plusieurs reprises .

Ces victoires mèneront Brennus , leur chef , jusqu'au Capitole en 390 Av JC .

 

La présence Sénone est parfaitement attestée en Italie au IVe siècle , de nombreuses découvertes archéologiques dans les sépultures , sur leur territoire avéré ou supposé en témoignent . Ce territoire s'appelait l'Ager Gallicus, dont les frontières, d'après Tite-Live, furent clairement définies , les Senons peuplèrent la Romagne méridionale en allant jusqu'à la moitié septentrionale de l'actuelle région des Marches .

 

 

Sans préciser leur localisation, Polybe les situe après les Lingons et jusque sur la côte Adriatique ( Polybe, II,17, 7).. Plusieurs découvertes attribuées aux Sénons montrent que les « confins »  méridionaux donnés par Tite-Live sont artificiels : plusieurs nécropoles et tombes isolées se trouvent au sud de l’Esino .

 

Les nécropoles Sénones les plus connues sont celles de Montefortino dArcevia ( milieu IV / Fin IIIe siècle , plusieurs phases chronologiques , on retrouve dans la phase initiale l’équipement typique du guerrier celte avec épée en fer  ) , de Santa Paolina di Filottrano ( tombes très riches dans tous les domaines , on y retrouve  dans certaines les longues épées en fer , apanage des guerriers celtes ) , de Trivio di Serra San Quirico , de San Ginesio ( tombe opulente d’un important personnage avec tout l’attirail du guerrier celte y compris l’épée en fer laténienne ) , de Piobbico , et une tombe exceptionnelle apparemment isolée qui doit être signalée à Moscano di Fabriano ( homme avec armes dont épée laténienne ) .

 

D’une manière générale les tombes Sénones d’Italie dépassent largement par leurs richesses , les autres tombes princières transalpines .

 

La présence Sénone durera près d’un siècle mais cette cohabitation plus ou moins pacifique permit entre temps aux romains de monter en puissance , ces derniers reprirent ou fondèrent .( -283 ) sur la frontière , la colonie de Sena gallica , aujourd’hui la ville de Senigallia ( ou Sinigaglia ) .

 

A noter que cette ville Italienne est jumelée avec celle de Sens .

 

On a vu que les frontières sud des Sénons n’étaient pas clairement définies , il existe donc peut être une autre ville qui doit son nom à ces derniers , il s’agit de la ville de Sienne .

Sa fondation reste obscure , selon la légende, Sienne fut fondée par Senius et Aschius, fils de Rémus lui-même frêre de Romulus ( fondateur de Rome). Ils s'arrêtèrent dans la vallée du Tressa et fondèrent une ville qu'ils baptisèrent du nom de l'aîné, Sienne .

Une autre légende nous dit que son nom viendrait d'une famille étrusque, les Seina.

 

Ce qui est certain c’est que l’acte de fondation officiel date du 1er siècle av JC , il s’agit d’une Colonie romaine fondée par Auguste qui la nomma Sena Julia .

 

L'étude des formes anciennes nous donne toutefois d'autres indications :

Sienne = Sena , Colonia Senensis , Saena , Sena Julia , Senae , Siena .
 

Il existe aussi à l'Est de la ville une ligne de collines qui fait face à l'ancien territoire Sénon , cette étendue porte à l'heure actuelle le nom de : Crête Senensi ( ou Senesi ) .

 

Il devient alors intéressant d’observer qu’à l’époque antique Sienne se nommait Colonia Senensis , que ce nom est présent aujourd’hui encore dans la toponymie locale …

Et que nous avons exactement le même terme concernant le territoire Sayn ( ALL ) soit comitatus Senensis !

  

Comment ne pas remarquer aussi toutes ces homonymies avec notre fleuve la Seine !

 

Quel est donc exactement le rapport entre les Sénons et le fleuve qui coule sur notre territoire ?

Est il possible dès lors d’imaginer que d’une manière ou d’une autre ce soit les Sénons qui aient participé à la formation du nom ?

 

Pour essayer de répondre à la question revenons en Gaule .

 

Pendant ce temps là ,  au début du IVe siècle , on ne note pas de changements majeurs sur les vastes territoires laissés vacants par les populations déplacées . Si une restructuration s’organise , elle se fait dans la douceur ; seuls les Rêmes restés en place et qui bénéficient de toute l’expérience acquise et du commerce avec l’Italie , prospèrent rapidement , les riches nécropoles découvertes à proximité de Reims en témoignent .

 

On observe toutefois dans la deuxième moitié du IVe siècle , des déplacements de populations beaucoup plus nets . A partir d’une bande en arc de cercle , de la moyenne vallée de la seine jusqu’au Rhin , une migration des populations s’organise vers les aires dépeuplées de la champagne

 

 

 

LES SEQUANES ...

 

Les populations du Sénonais , Nogentais , de la Marne supérieure et des bords du Rhin se déplacent vers la Champagne , au Sud un vaste territoire ( ? ) qui n’enregistre pas de mouvements significatifs avant le milieu du IIIe siècle , au Nord-Ouest de cette zone le territoire Sénon tel qu’il se présentera au 1er siècle av JC .

 

La conclusion à tirer de cette nouvelle situation est facile à deviner , repoussant devant eux ceux qui ne s’adaptent pas à la nouvelle situation , les Séquanes entrent en scène …

 

Mais est ce l’arrivée d’un nouvel apport de population germanique ?

C’est l’hypothèse la plus simple , mais elle est peu probable car cet apport n’est pas corroborée par l’archéologie . En effet, hormis ce déplacement de population qui s’est fait par petits groupes vers la Champagne , la population de la Gaule à cette époque est relativement stable et on n’y décèle pas de migration massive .

 

On a vu qu’au Ve siècle , les Séquanes n’existaient probablement pas encore .

Peut-être en gestation sur la partie méridionale du territoire Sénon ? Ce qui n’aurait rien eu d’extraordinaire si on en considère la vaste étendue .

Il paraît donc plausible qu’après le départ de l’élite Sénone pour l’Italie , une partie de la population ait eu envie d’indépendance et ait fini par profiter d’une certaine vacance du pouvoir . Or on le visualise sur la carte , les populations qui se déplacent au IVe siècles sont précisément celles qui sont au contact de la frontière Nord des Séquanes et du nouveau territoire Sénon tels qu’ils se présenteront approximativement au moment de la conquête de César . 

 

Le nom même des Séquanes reste obscur . Pour les linguistes spécialistes des langues indo-européennes qui ont déterminé plusieurs groupes linguistiques à travers l’Europe , le Kw ( Sequana se prononce Sekwana ) n’aurait pas dû subsister en gaule , il aurait dû disparaître ( évolution en P , ex : Ekwo = cheval qui a donné le dérivé Epona ) ; mais le fait est que cette prononciation a subsisté ! Peut être est ce dû à une formation tardive qui n’aurait sans doute pas subi la même mutation ?

En tout état de cause plusieurs interprétations sont donc possibles .

 

La source de la seine était particulièrement vénérée . Ce qui était le cas de la plupart des cours d’eau à l’époque celtique , mais on a vu que le cours supérieur de la seine était l’objet d’une attention particulière . On a vu aussi que le nom Seine possédait une similitude prononcée avec certains noms issus de la proximité avérée ou supposée avec les Sénons .

 

Au milieu du XVIIIe siècle, on découvrit dans un vallon paisible, à proximité de la source , les fondations d'un vaste édifice rectangulaire (57m sur 18m) et une inscription : "DEA SEQUANA"  , quand à la statue de la déesse Seine elle fut retrouvée en 1933.

 

 

LA DEESSE SEQUANA

 

Les Séquanes étaient donc les habitants issus de la source de la seine , source qui vraisemblablement tirait son nom de la force des Sénons . Il se pourrait aussi que nous ayons affaire directement à un Seg-u/o-ana , racine basée sur la force et suivie d’un suffixe hydronymique ; toujours est il qu’il est certain que les Séquanes furent présents sur les sources de la seine bien avant la conquête romaine

 

Sur le sujet il est intéressant de laisser la parole à l’érudit Francois DUNOD DE CHARNACE ( né à Saint-Claude , jura ,  le 30 octobre 1679 , mort en 1752 ) ancien avocat et professeur royal à l'université de Besançon .qui a écrit une Histoire des Séquanois ( 1735 ) dans laquelle il posait déjà la question pertinente de la parenté possible entre les Sénons et les Séquanes :

 

Je ne crois pas même , qu'on les ait appelés originairement Séquanois , ce nom me paraît accommodé à la langue latine et changé en quelque chose , pour distinguer le peuple auquel les romains l'ont donné des Sénonois qu'ils connaissoient avant eux .

Il me semble donc que leur véritable nom était celui de seines ou Seknes (°) dont les latins ont fait Secani ou Sequani .

La rivière de seine qui a conservé la dénomination celtique , étoit nommée par les latins , Secana et Sequana ; et nous appellons encore Sequani les habitants des lieux qui se nomment Seine en François .

S'il est vrai comme je l'ai dit , que les Seines appellés Séquanois par les romains étaient les premiers celtes qui sont entrés dans les gaules ; il est bien probable qu'ils ont donné leur nom à la rivière de Seine dont la source est proche de leur païs et sur les bords de laquelle ils ont établi des colonies .

L'analogie de ce nom avec celui de Seine , semble le prouver , et les Sénonois que Denis d'Halicarnasse nomme : Caeni , et Xiphilin : Cennae ont donné le nom de Sena à leur capitale au delà des alpes .

 

 

(°) Difficile de dire d’où Dunod tirait le terme Seknes , très certainement des textes grecs ou latins qu’il avait dû étudier ou des quelques inscriptions déjà connues à l’époque , à titre d’exemple on peut citer le matériel épigraphique du comptoir étrusque de Bagnolo San Vito à coté de Mantoue en Italie qui a livré Seken basé sur le radical Seg

 

 

Le IIIe siécle : IMPORTANTS MOUVEMENTS ...

 

On assiste donc au début du IIIe siècle av JC à l’effondrement de la puissance Sénone face à celle montante de Rome et consécutivement à la naissance du puissant peuple des Séquanes ( voir annexe SENONS / SEQUANES ) ; la puissance militaire et territoriale des Sénons ne se remettra pas de ses défaites et de cette division , César trouvera en arrivant en Gaule un peuple certes encore respecté mais n’occupant plus qu’un territoire restreint .

 

Les Séquanes continueront bien évidemment leur expansion vers le Sud et l’Est , peut être même dépassent ils alors les limites du Jura pour atteindre l’Ouest du plateau Suisse , il n’y a pas de certitudes mais certains indices archéologiques et Strabon lui même laissent deviner au minimum une influence réelle des Séquanes sur le territoire Suisse . En tout état de cause ils atteignent vers le Sud la région de Bellegarde sur Valserine , la Valserine dont l’étymologie est identique à celle de la Sarine en suisse ( Val + Serine , Sanona en 1175 ) .

 

Alors même que le centre de gravité du territoire Séquane se déplace vers le sud-est ; le milieu du IIIe siècle voit arriver des migrations importantes qui vont affecter le nord de la France . De nombreux peuples venus de Germanie ( Les Belges ) vont envahir un immense territoire compris entre la Hollande et la Seine , repoussant devant eux de nombreux peuples celtes . Tous ces mouvements vont entraîner une réorganisation de l’espace qui dès lors ne fluctuera plus beaucoup jusqu’à l’arrivée de César .

 

Certains peuples vont alors passer en Angleterre ( dont sans doute une partie des Parisii ) , les Sénons se regrouperont définitivement autour de Sens , quand aux Séquanes ils se recentreront sur le cœur de leur territoire , dans le jura ; en effet ils n’arriveront pas à tenir leurs frontières nord qui passeront aux mains des Lingons , eux mêmes victimes de l’arrivée massive des peuples Belges .

 

Ce repli forcé s’est il effectué de manière pacifique ou y a t’il eu quelques tensions ?


L’archéologie encore une fois nous fournit quelques pistes . On observe sur la frontière sud du territoire Lingon alors territoire Séquane , deux événements consécutifs intéressants et géographiquement proches : Le site de Vix abandonné depuis le Ve Siècle est réoccupé, sans doute pacifiquement ; mais le site de hauteur de Bourguignon-les-Morey (  BO , Haute-Saône ) subit lui une attaque , il est détruit et incendié à la même époque , le milieu du IIIe siècle .
Les Séquanes vont alors perdre un de leurs sites les plus prestigieux , celui même qui les avait vu naître et qui leur avait donné leur nom , la source de la Seine n’était plus chez eux …

 

Que va alors faire ce peuple qui venait de perdre ce qu’il avait de plus sacré ?

 

 

LE JURA

 

Il existe en plein cœur du Jura un immense oppidum de 1000 ha à la forme triangulaire quasi parfaite ( voir aussi annexe OPPIDUM ).

Cet oppidum porte une enceinte constituée de blocs cyclopéens - annexe photos - mur qui encadre une vaste surface ( 6 km de périmètre ) . A ce jour cette enceinte garde encore son mystère .

 

 

A ses pieds coule une rivière dont le nom ne surprendra pas ceux qui ont eu le courage de lire cette enquête jusque là , son nom , la Saine , en fait la sœur jumelle de celle qui arrose Paris !

Le nom de Saine existait-il avant les Séquanes ou fut-il crée par ces derniers ?


La question est complexe car l’oppidum et ses murs ( Et ses habitants ? Peut-être ni Séquanes , ni Sénons ? ) existaient de toute évidence bien avant le IIIe siècle et il est plus que probable que la ville qui était importante , était déjà sacrée bien longtemps avant l’arrivée des Séquanes . Les monuments cultuels qui parsèment le site en témoignent

En vérité cela a peu d’importance ! Que les Séquanes aient adopté , adapté ou inventé le nom de la rivière , ils ne pouvaient que se l’approprier et la sacraliser afin de retrouver un lieu de culte semblable à celui de leur naissance !

 

Le village où cette rivière prend sa source , se nomme comme il se doit Foncine , ( formes anciennes :  Fonssena XVI , Fonsenne XVII   , forme actuelle à partir de la fin du dix-septième siècle ), le nom vient du celtique puis du latin Fons Sena ( fontaine vénérable dans le sens de sacrée ) .

Dans la plaine qui fait face à l’oppidum à quelques km de la source , on retrouve le village de Syam ( formes anciennes : Syen 1286 , Senz 1293 , Cienz 1313 , Sienum  1550  , Sian / Syan XVII / XVIII ) .

Quant à la Saine elle même , la forme ancienne du XVIIIe siècle accentue encore l’homonymie avec la seine ( Sene /Senam 1550  , Senne  XVII  , Seyne XVIII ) .

 

Sur les cartes du XVII et XVIII la Seine est orthographiée Seyne .

 

Cela éclaire aussi «  L’erreur «  de Strabon qui faisait naître la Seine ( Sekoana ) dans les Alpes , évidemment sans doute a t’il confondu avec la Saine , mais le caractère sacré de celle qui naît dans le Jura et l’homonymie avec les Séquanes ne pouvait lui échapper .

 

Quand au nom de Senz , on ne peut que là encore constater l’homonymie avec la ville de Sens .

 

Il est remarquable de constater aussi la relation qui existe entre l'origine du nom de Sigo fondateur de St-Seine-l'abbaye , le village de Syens en Suisse ( voir annexe 1 , formes anciennes : Ciens 1081, Siens 1228 ) et les formes anciennes de Syam .

 

Est il envisageable de comparer aussi Senz et Sens avec Senenz , Senens ( voir Sarine ) et surtout Sense ( voir Singine ) ?

 

Parallèlement il peut être intéressant de s’attarder sur le nom de l’autre rivière , celle qui coule de l’autre coté de l’oppidum , à l’ouest ; cette rivière se nomme la Lemme et son nom aussi est obscur .

Plusieurs hypothèses sont envisageables  , on songe bien évidemment au lac Leman que Strabon nommait «  lac Lemenna « .

On peut aussi songer au nom «  limnai « , appliqué aux lacs sacrés des Volques Tectosages cités par le même Strabon ( géographie IV , 1 ,12-14 ) .

 

On peut citer aussi une forme ancienne de la Lemme , Leyme ( 1374 ) qui est strictement identique à celle d'un cours d'eau d'Allemagne , le Leimbach du bassin de Lahne mentionné sans l'appelatif ( bach) en 1270 : duorum fluminum Leyme et Hene .

La forme hydronymique est fréquente en Allemagne mais il faut quand même noter que ce cours d'eau se situe sur la frontière sud du Siegerland ...

 

Il est possible enfin que la rivière ait délimité une frontière entre deux territoires ,

le nom pourrait alors venir de la racine latine *lim- signifiant bordure frontière, d’où dérivent limes, limitis : limite, chemin, frontière ; limbus  : lisière, bordure, frange ; et limen, liminis : seuil, entrée, barrière . Nom qui aurait donné au moyen âge : Limia , lemma  : une "lemma" arrivant contre le pagus X, une seconde "lemma" contre le pagus Y (diplômes carolingiens)

– d’où aussi lemnia : lisière d’un bois , une forêt avec des limites fixées .

 

Mais il existe une autre hypothèse finalement encore plus logique , il suffit de revenir au tout début de l’hypothèse , sur les frontières du peuple suisse qui entama le long périple qui les mena jusqu’au Jura. Ce peuple avait sur ses limites Nord une rivière dont le nom probablement d’origine celtique évolua en latin pour donner   «  amnis «  , puis plus tard  l’Amma ( à comparer avec l’Ayme nom de la lemme avant quelle prenne sa forme définitive après la révolution ) .

                                      Et notre rivière de suisse se nomme à présent l’Emme !

Les Séquanes auraient donc crée ou entériné l’existence d’un oppidum devenu sacré , en l’entourant de rivières aux noms évocateurs qui revêtaient pour eux une extrême importance sinon un caractère cultuel prononcé .

Alors quels secrets cache donc cet oppidum d’une superficie peu commune ?

Beaucoup y voient le site de l’antique Alésia ! En effet on y trouve des murs antédiluviens ainsi que tous les éléments du siège mené par Jules César . Seule l’interdiction de fouilles sérieuses ( Alésia est à Alise évidemment ) empêche toute interprétation objective du site .

Pour l’instant l’histoire se finit donc là …

On peut aller plus loin , en s’informant sur Alésia à Chaux ci après 

 

 

 

 

FIN ! Ou presque ...

 

 

 

Alors l’histoire est-elle pour autant terminée ?
                                                                                                                                             
Non ! Cette histoire est en partie ( toute relative ) incompléte , en effet que sont devenus les Sédunes itinérants aperçus peut-être la dernière fois sur le bassin parisien ? Et qu’est devenu le peuple resté sur le territoire de la Saane au XIIe siècle av JC ?

Il existe au nord de Rouen , 3 rivières parallèles coulant vers la manche dont les noms sont pour le moins curieux et les formes anciennes remarquables, le Dun (Dunus) , la Scie (Seda) la Saâne (Sedana) , non seulement la comparaison avec le nom des «  sedunes «  est étonnante mais la forme actuelle de la saâne est identique à celle de Suisse .

 

A signaler aussi que la forme en Dun est généralement absente en Picardie et Nord-pas de calais .

 

Revenons aussi un instant au Ve siècle . On l’a vu , une vague importante de migrations vers l’extérieur va largement affecter la gaule et une partie des migrants finira en Italie ; il est possible qu’une autre partie ait pris le chemin de l’Est de l’Europe ( Tite live ) et on sait par l’archéologie que la Suisse participera largement à ces mouvements .

La migration suisse passera par l’Allemagne et l’Autriche avant d’atteindre la Slovaquie au IVe siècle av JC , on y trouve donc la nécropole de Dubnik datée de la fin du IVe siècle et dont les effectifs proviendraient en majorité du plateau Suisse . En poursuivant vers l’Est avant d’arriver en Ukraine , nous arrivons sur le site de Drna qui a livré des matériaux de sépultures contenant notamment des fourreaux d’épées, qui sont des œuvres majeures de l’art celtique datées du IIIe siècle av JC , ces fourreaux sont semblables à ceux de Cernon-sur-Coole ( Champagne ) , bien que postérieurs .

Si nous continuons notre progression vers l’Est en infléchissant notre direction vers le Nord , nous tombons alors sur le cours d’une rivière dont le nom si on en étudie les formes anciennes a de quoi laisser perplexe : Le San .

Le San est une rivière du sud-est de la Pologne , Le San prend sa source dans les Carpates , près du petit village de Sianky ( on remarquera au passage que le nom du village n’est pas sans rappeler celui du jura ) .

Sur les cartes anciennes, nous trouvons et c’est étonnant  les noms suivants  : Saan (1439) et  Sayn (1445) , ces noms nous les connaissons bien . La probabilité que la migration partie de Suisse ait atteinte le sud de la Pologne au III ou IIe siècle est donc loin d’être utopique !
Et la probabilité que ce nom soit lié par les hasards de l’histoire à ceux de la Seine ou de la Saine ne relève peut être pas de l'imaginaire non plus !